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La grammaire

Réflexion sur ce que nous sommes

Si vous prenez votre dictionnaire, le mot « grammaire » sera définit de la manière suivante : du latin grammatica et du grec grammatikê qui signifie « art de lire et d’écrire », c’est-à-dire connaître l’ensemble des structures et des règles qui permettent de produire tous les énoncés appartenant à une langue.

La syntaxe, l’orthographe, la phonétique, la morphologie permettent à chaque individu de lire, d’écrire, de comprendre, de se faire comprendre, de partager, de se faire entendre, d’écouter…

Chaque individu construit ses phrases avec un sujet seul ou accompagné (adjectif épithète, superlatif…) suivi d’un verbe au passé, au présent, au futur, et d’un complément d’objet direct ou indirect ; c’est une matière vivante en perpétuelle mouvement avec son vocabulaire innombrable, avec ses coordinations et ses oppositions.

Sans grammaire un individu ne peut pas se construire, ne peut pas s’intégrer. Sans grammaire, il répondra par la violence car il n’aura pas les outils nécessaires pour se faire comprendre, il n’aura pas le vocabulaire pour partager avec l’autre, pour construire des projets. Il sera dans l’ignorance et nous savons combien l’ignorance est un fléau dans nos sociétés.

L’éducation est donc l’élément essentiel d’une société, aucun individu ne peut prétendre avoir un projet de vie s’il n’a pas reçu cette éducation, malgré les différences qui persisteront au sein de nos sociétés (plus simple pour les uns, plus dur pour les autres).

Chaque civilisation possède sa propre grammaire, aucune n’est identique, aucune n’est parfaite. Lorsque nous étudions une langue étrangère et nous l’avons tous fait, nous découvrons combien la grammaire de l’autre peut être différente, et nous cherchons systématiquement des similitudes avec notre propre grammaire. D’ailleurs, il est difficile de traduire de manière exacte un texte, il est difficile de trouver un mot identique dans sa propre langue pouvant engendre des malentendus ou des incompréhensions. Et en même temps, découvrir la grammaire d’une autre civilisation est une chose passionnante, nous entrons dans une culture, dans une autre logique, nous sommes amenés à pousser une porte puis une autre et puis il y a l’envie de continuer, de toujours vouloir mieux maîtriser ; nous mettons alors notre nez dans leur histoire, leur littérature, leur religion, leur économie. Et comme le disait si bien Maurice Druon en parlant de Léopold Sédar Senghor « Quand on connaît la langue, la culture de l’autre, on ne peut plus vraiment être son ennemi ».

La grammaire est donc une chose vivante en mouvement permanent, se modifiant au cours du temps, un peu comme nous tous. Nous sommes des sujets (un homme, une femme, un enfant, un jeune, un vieux, un écolier, un employé, un étudiant, un chef d’entreprise, un retraité, un élu de la République, un militant en résumé un être humain), avec nos adjectifs épithètes (grand, petit, intelligent, gentil, fou), avec nos attributs accompagnés d’une annexion ou de plusieurs annexions (il/elle est français(e) d’origine normande de confession catholique, il/elle est français(e) d’origine tunisienne de confession musulmane, il/elle est américain(e) de confession protestante…), avec nos particularismes(brun, roux, blond, blanc, noir, métisse, yeux verts, yeux noirs…), avec nos comparatifs et nos superlatifs (aussi…que, le plus…, le moins…). Ensuite des verbes viennent nous accompagner pour nous permettre d’agir ou de rester immobile, de réfléchir, de prendre du recul, du temps…

Enfin, nous finissons notre accoutrement en intégrant des compléments d’objet direct ou indirect nous permettant de nous positionner dans l’espace et dans le temps, de nous donner une position dans notre société.

Toute cette pluralité de grammaires permet de construire une cité, une Nation, un monde. Cette pluralité est une opportunité, elle est un enrichissement. C’est pourquoi l’individu doit sans cesse remettre en cause sa grille de lecture face aux évènements. De 7 à 77 ans, l’être humain est un architecte qui construit sa propre grammaire grâce à ses expériences, ses rencontres, ses succès et ses échecs.

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